Sous Wegovy ou Mounjaro ? Pourquoi la musculation devient indispensable
Le 15 juin 2026, l'Assurance Maladie a commencé à rembourser Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) pour le traitement de l'obésité sévère. En six semaines, environ 86 000 boîtes ont été prises en charge. Ces médicaments changent la vie de nombreuses personnes. Ils changent aussi la manière dont un coach doit accompagner ces personnes, car ils font perdre du muscle en même temps que de la graisse.
Cet article ne remplace pas l'avis de votre médecin. Un traitement GLP-1 se prescrit, se surveille et s'arrête sur décision médicale. Parlez à votre médecin de votre pratique sportive avant de la modifier.
Le remboursement en 2026 : qui est concerné
- Prise en charge à 65 % (100 % en affection de longue durée) pour un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 35 avec une comorbidité, ou supérieur ou égal à 40.
- Après échec documenté d'une prise en charge nutritionnelle et d'un accompagnement sur le mode de vie.
- Première prescription réservée aux spécialistes et aux centres spécialisés, renouvellement possible par tout médecin.
- Ozempic reste réservé au diabète et n'est pas remboursé pour la perte de poids.
Les formes orales arrivent : le sémaglutide en comprimé a reçu un avis favorable de l'Agence européenne des médicaments en mai 2026, et l'orforglipron, première pilule GLP-1 non peptidique, a été approuvé aux États-Unis en avril 2026. Le nombre de personnes traitées va donc continuer d'augmenter.
Ce que les essais cliniques montrent sur le muscle
La perte de poids sous GLP-1 n'est pas uniquement de la graisse. Dans une sous-étude de l'essai STEP 1 (sémaglutide), les participants ont perdu en moyenne 15,3 kg, dont 6,9 kg de masse maigre, soit environ 40 % du poids perdu. Dans SURMOUNT-1 (tirzépatide), la masse maigre a diminué de près de 11 % en 72 semaines, la répartition étant d'environ trois quarts de graisse pour un quart de masse maigre. Une revue de 2024 portant sur six essais conclut que la part de masse maigre perdue varie de 0 à 40 % selon les études et les populations.
La masse maigre ne se résume pas au muscle (elle inclut l'eau, les organes, l'os), et une personne qui perd 15 kg a mécaniquement besoin de moins de muscle pour se déplacer. Mais l'ordre de grandeur est préoccupant, surtout après 50 ans, où la masse musculaire est déjà en déclin naturel. Moins de muscle, c'est moins de force, une moins bonne régulation de la glycémie, une dépense énergétique de repos plus basse, et un risque accru de chute et de fragilité en vieillissant.
Le problème de l'arrêt du traitement
L'extension de l'essai STEP 1 a suivi les participants un an après l'arrêt du sémaglutide. Ils avaient repris en moyenne les deux tiers du poids perdu, et la plupart des bénéfices cardiométaboliques s'étaient estompés. Or le poids repris est majoritairement de la graisse, pas du muscle. Une personne qui arrête sans avoir préservé sa masse musculaire se retrouve donc avec une composition corporelle plus défavorable qu'avant le traitement.
Ce que la musculation et les protéines changent
Les données spécifiques restent récentes, mais elles vont toutes dans le même sens :
- Une cohorte de 200 adultes suivie en 2025, combinant GLP-1, musculation et apport protéique individualisé, a perdu 13 % de poids pour seulement 3 % de masse musculaire en six mois.
- Des essais dédiés sont en cours ou viennent d'être publiés (SEMALEAN en 2026, LEAN-PREP dont les résultats sont attendus).
- Le consensus clinique qui se dégage en 2026 : dose minimale efficace, suivi de la composition corporelle, entraînement en résistance régulier et apport protéique de 1,2 à 1,6 g par kilo de poids corporel et par jour.
Il n'existe pas encore de recommandation officielle française dédiée à ce sujet. Mais la logique physiologique est la même que pour tout régime hypocalorique sévère : sans stimulus mécanique et sans protéines, le corps puise dans le muscle.
Comment s'entraîner sous GLP-1
La priorité : la force, pas le cardio
Le traitement fait déjà le travail sur la balance. Votre entraînement doit envoyer au corps le signal de garder son muscle : deux à trois séances de renforcement par semaine, sur les grands mouvements (squat ou presse, tirage, poussée, charnière de hanche), avec des charges qui rendent les dernières répétitions difficiles. Le cardio reste utile pour le cœur et le moral, mais il ne protège pas le muscle.
Composer avec les effets secondaires
Nausées, fatigue, appétit très bas les premières semaines et après chaque augmentation de dose : c'est le moment de réduire le volume, pas d'arrêter. Une séance courte de trente minutes vaut mieux qu'une séance annulée. Programmez les séances les plus exigeantes à distance de l'injection hebdomadaire, quand vous vous sentez le mieux.
Manger assez de protéines quand on n'a pas faim
C'est le vrai défi. Avec un appétit coupé, atteindre 1,2 à 1,6 g par kilo demande de l'organisation : des protéines à chaque repas, en priorité dans l'assiette avant le reste, des collations faciles (fromage blanc, œufs, yaourt grec, lait), éventuellement une poudre de protéines si votre médecin ou diététicien le valide. Pour 90 kg, l'objectif se situe entre 110 et 145 g par jour.
Mesurer autre chose que le poids
Force sur les exercices clés, tour de bras et de cuisse, capacité à monter des escaliers, éventuellement une impédancemétrie ou une DEXA prescrite par votre médecin. Si le poids baisse et que la force baisse aussi vite, c'est le signal qu'il faut ajuster.
Le rôle du coach
Un coach ne prescrit pas, n'ajuste pas les doses et ne conseille pas d'arrêter un traitement. Son rôle est de construire un programme de force progressif, de l'adapter aux semaines difficiles, de surveiller les indicateurs de force, et de travailler en lien avec le médecin et le diététicien. Sur Coachemy, indiquez votre traitement dans votre profil santé partagé : votre coach saura pourquoi votre appétit et votre énergie varient d'une semaine à l'autre.
Le médicament fait perdre du poids. Vous décidez de quoi ce poids est fait. La musculation et les protéines sont les deux seuls leviers qui font pencher la balance du côté de la graisse.
Sources : Haute Autorité de santé, avis sur Wegovy (février 2026) et Mounjaro (décembre 2025) ; Assurance Maladie, point sur le remboursement (septembre 2026) ; Wilding et coll., STEP 1, New England Journal of Medicine, 2021, et sous-étude de composition corporelle ; Jastreboff et coll., SURMOUNT-1, et analyse de composition corporelle, Diabetes, Obesity and Metabolism ; Bikou et coll., Expert Opinion on Pharmacotherapy, 2024 ; Neeland, Linge et Birkenfeld, Diabetes, Obesity and Metabolism, 2024 ; Wilding et coll., extension STEP 1, 2022 ; Alissou et coll., SEMALEAN, 2026.
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